à l'heure où je vous parle j'ai rompu la règle de la lecture en anglais pour m'aider à rédiger.
Cela a été plus fort que moi, je n'ai pas pu résister...
Comprenez-bien que j'ai tout de même tenu presque 48h mais voilà il y avait "Fleurs de Ya-Ya" de Rebecca Wells posé sur mon bureau.
Alors oui je suis faible et j'ai laissé de côté les nouvelles de Murakami pour un temps (pas très long à mon avis!). Disons que ce n'est pas ma faute si le livre de Murakimi était un roman et non
une série de nouvelles je n'aurais pas pu m'arrêter en cours de route, si coloc' ne m'avait pas prêté le livre non plus...
Bon ok en fait c'est ma faute parce que j'ai fait voir le film à coloc', je lui ai offert "les divins secrets des petites ya-ya".
Et depuis le temps que je le cherchais celui-là la tentation était trop grande.
En plus ce livre c'est une histoire d'amour, un coup de bol fantastique. Cela remonte à mes dernières vacances chez ma grand-mère, j'étais partie me mettre au vert une semaine quand j'étais encore
à la fac à temps plein (c'était du temps de la préhistoire avant que je ne me transforme en thésarde!). Comme toujours dans ces cas-là durant le voyage j'avais fini mon bouquin, entamé le nouveau
et évidemment au bout de deux jours de vacances je n'avais plus rien à lire. Je suis donc partie en quête d'évasion littéraire au petit casino d'en face. Autant dire que c'était quasi mission
impossible.
Un moment j'ai même envisagé de passer à arlequin (après tout j'étais en vacances pour ne pas penser alors arlequin...)...
Et puis d'un coup un livre avec des femmes en couverture, un fond rose ça sentait le livre de filles pour la plage... Je me suis dit y a du potentiel. Je tourne le livre... Ok ça se passe en
Louisiane... Or je rêve d'aller en louisiane! Allez hop j'adopte (oui parfois je fais de l'autoconviction super bien et le plus petit détail à la con peut m'enthousiasmer!).
Voilà à l'époque j'avais pu le trouver avec la couverture rose avant qu'il ne soit devenu un film... Coloc' (pourtant j'ai cherché cherché cherché) a eu la couverture avec l'image du film (qui est
sympa aussi finalement).

Mais le truc c'est que ce livre je l'ai lu en une journée et que j'avais tellement peur d'avoir raté des trucs que je l'ai relu une seconde fois dans la foulée. Tout de suite, une fois finie je
l'ai repris. Je vous l'avais dit un coup de foudre... Pourtant cela ne fait appel à rien de mon histoire personnelle (j'ai pas grandi en louisiane par exemple), mon utérus d'origine a beau apprécié
les mojitos, margarita et autres elle n'en boit pas tous les jours. Rien vous dis-je et pourtant, moi qui n'ait pas la larme facile j'ai été émue, touchée, remuée et j'ai ri aussi, tellement ri. Et
donc voilà comment je me souviens parfaitement de tout alors que parfois je ne me souviens même plus du prénom de certaines personnes, que je suis capable d'oublier quand et comment j'ai rencontré
quelqu'un...
J'ai commencé "Fleurs de Ya-Ya" l'autre soir et dès la première phrase je revoyais déjà tout ce que j'avais projeté lors de mes lectures précédentes des "divins secrets" (oui plusieurs lectures! Ne
vous ai-je donc rien appris? Chez les livres, comme chez les films, il existe une catégorie qui sont les boosters de moral, les vieux amis qui ne nous déçoivent pas et ceux-là on y revient
régulièrement). Les divins secrets est un vieil ami rassurant et peut-être ce qui me touche c'est que les personnages sont imparfaits, fragiles et imprévisible mais qu'au-delà de tout cela il y a
les Ya-Ya et leur amitié sans faille, sans jugements. C'est peut-être là que cela me touche le plus parce qu'une chose est sûre chacune d'une façon différentes j'ai des amies divines comme les
Ya-Ya (je sais j'ai sacrément de la chance nananère!): que l'on se dise que je serais témoin et marraine du premier enfant depuis 15 ans, que l'on boive une bouteille de rosée en se racontant tout
un samedi soir après une semaine de merde, que l'on fasse des projets fous de voyage en prévoyant déjà de répéter inlassablement à notre future descendance notre rencontre incroyable nos soirées
"bubbles and the city", que l'on se dise qu'on aimerait mieux un garçon (alors qu'une seule d'entre nous est enceinte), que l'on s'invente des excuses comme travailler pour dîner et passer un
moment ensemble (ok on travaille aussi promis!), que l'on se félicite de bien tenir le cap pour ces 6 derniers mois, que l'on prévoit une soirée legendary... elles sont toujours toujours là depuis
plus ou moins longtemps.
Et voici que dans ce second tome, je suis tombée sur ceci: "Alors pour se distraire, Teensy enfonce un pécan - encore dans sa coquille - dans son nez". J'ai ri à en pleurer en lisant cela... et les
considérations pour enlever l'objet du délit. Je me suis souvenue d'une fin de journée d'été et d'un jeu avec des coquelicots.
J'ai revu une terrasse et un jardin qui ne m'étaient pas revenus à l'esprit depuis quelque temps.
Buel et moi venions d'apprendre à fabriquer des poupées avec des coquelicots (je crois bien que je me souviens encore comment faire). Je suppose qu'il y a du avoir provocation ou débat sur le fait
que le bouton du coquelicot pouvait rentrer dans une narine... Honnêtement je ne me souviens pas du tout, je ne fais qu'imaginer. Et voici donc Buel s'enfonçant le coquelicot dans la narine.
Conclusion: cela rentre dans la narine d'un gosse de 4-5 ans!
Alors de lire dans un livre ce type d'histoire et que ce soit aussi incongrus que dans la vraie vie, cela m'a fait rire.
Si l'on pense que ce week-end nous avons failli monter l'ancienne table de la cuisine (aaaaaah Bioman!) dans l'appartement du Buel, je trouve que le passé est fortement présent en ce moment alors
que tout me pousse à me projeter vers le futur...
Peut-être est-ce juste moi qui m'attache à voir des coïncidences partout parce que comme toujours face à l'inconnu et l'incertain je suis une immense trouillarde? Peut-être pas?
Une chose est sûre, les temps et les choses changent tout bouge mais il y a des gens qui sont et seront toujours là, d'autres qui ne le sont plus, d'autres que j'ai moi-même préféré voir partir
pour ne garder que les bons souvenirs sans les ruiner avec de mauvaises images. Dans une période où tout va (re)commencer, pour moi, la nomade, il est important d'avoir mes boîtes à souvenir, mes
trésors du passé pour toujours savoir où je vais et comment j'en suis arrivée là. Et au-delà de certains objets qui ne bougent pas, il y aussi des gens.
Buel, par exemple, même maintenant qu'il est tout vieux et râleur (pire que moi!) sera toujours capable de mettre la plus grosse part de gâteau possible dans sa bouche, de faire des trous dans un
mur à la visseuse-dévisseuse, de beugler des chansons à la con dans une voiture avec moi... j'en passe et des meilleures (pires?) et finalement c'est drôlement rassurant ces présences qui évitent
de perdre pied, non? Evidemment Buel a aussi grandi maintenant, il ne met plus de coquelicot dans son nez, il fait des lessives tout seul, il tente de cuisiner mais au fond il reste lui.
Je sais plus ce que je voulais dire... encore des bêtises comme d'hab. Je vous l'ai dit la thèse c'est comme la grossesse ça perturbe les hormones si ça continue je vais vous parler de mayonnaise
et là ça n'ira plus du tout du tout.
Lisez le livre ça vous va pour conclure?
Ce que vous racontez...