London Town (Part III)
Il était une fois, quatre vingtenaires, un peu comme les trois mousquetaires sauf que c'était pas des mousquetaires, parti à la conquête de Londres.
Projet risqué s'il en est, me direz-vous. C'est bien connu que tous les grands conquérants ou les mégalomanes se sont cassés les dents en angleterre.
Mais n'écoutant que leur courage... ils prirent le train fort tôt et arpentèrent la ville toute la journée.
Cette première journée touchait à sa fin. Voici donc le récit:
où l'on apprend que l'on était fatigué, où l'on découvre que notre chambre n'existe pas vraiment, comment on a découvert la plus belle vue de londres depuis notre fenêtre, comment on peut avoir un minimum de 30°C en hiver, où l'on se rend compte que l'eau froide est un luxe dont on ne se passe pas facilement et où Dancing Queen et moi on a pris un crumble, où l'on se rend compte aussi que les français (surtout les parisiens) ils sont définitivement cons...
Il commence à faire frais sur oxford street ce soir-là, de ça de là encore des lumières de Noël qui embellissent les rues. Et surtout une grande mer déchaînée... des flots incessants qui nous entraînent par delà les rues, les passages piétons et tout le reste. On est venu, on a vu... pour l'instant on n'a rien trouvé... même pas une paire de bottes!
On a fini par s'extraire de la rue des sex shop et par passer devant un café où l'on a vu un mec trop beau (sauf Dancing Queen qui l'a raté, elle regardait ailleurs!) et que Unicorn Girl et moi on s'est comprises d'un simple regard sans parler... si les anglais sont beaux ce week-end sera intéressant au plus haut point.
Et de plus en plus de monde, avancer devient de plus en plus difficile, on se faufile dans des boutiques pour échapper à la foule. Mais il s'avère que c'est pire à l'intérieur!
Nous poursuivons encore un peu notre danse, le tango des soldes à la fois attirant (tu te sens un peu comme un moustique devant une lampe... tu sais que tu vas griller mais tu ne peux y résister) et violent (tu en es à ton 15ième coup dans les côtes, tu t'es fait écraser les pieds un millier de fois chacun et au passage piéton malgré le feu rouge tu te retrouves au milieu de la chaussée sans avoir fait un pas de ton plein gré).
Il est grand temps de prendre possession de notre chambre...
Nous rentrons. Pour tout avouer, on est tellement mort que même le petit trajet en haut du bus on ne le savoure pas autant que l'on devrait mais on se rattrapera le lendemain en faisant semblant de conduire et en faisant coucou au camera (j'avais pas précisé? c'est à nous 4 que l'on a 20 ans!)
On traverse la gare, le centre commercial... on ne trouve plus notre chemin. Pourtant on est passé par là le matin?
Que se passe-t-il?
On est des gros boulets... on a oublié que l'on venait de l'étage supérieur et que l'on doit donc reprendre des montators! Pour une fois c'est Buel qui nous sauve... mais par la suite Buel sera coupable d'un crime tellement ignoble que le passage des montators ne sera qu'un vague souvenir pour nous tous. Je vous parlerais dans un prochain épisode de la fourche invisible diabolique du métro...
Et enfin l'hôtel... Home Sweet Home!
M'enfin c'est ce que l'on pourrait croire... mais non ou oui c'est à voir.
On arrive à l'hôtel, en tant que porte-parole officiel (selon un consensus silencieux de tous) de la troupe je me rend à la réception. Nous récupérons nos clés et le réceptionniste (toujours le gentil pakistanais qui parle un peu anglais) nous indique comment nous rendre à notre chambre.
Fastoche: le bout du couloir, à droite prendre l'escalier puis à droite.
Nous avançons dans le hall, récupérons nos bagages dans le couloir (un miracle que l'on est encore tous nos affaires!), on trouve l'escalier. On descend...
Il y a des chambres mais pas la nôtre!
On remonte et regarde dans le couloir, toujours pas le bon numéro.
Dans le hall y a une pancarte indiquant les chambres... y a pas la notre de mentionnée.
Il faut se rendre à l'évidence un nouveau passage par la case réception est indispensable.
Je m'en vais donc dire que nous ne trouvons pas la chambre... Oui on a été dans le hall... Oui l'escalier...
Devant mon air pas convaincu, le réceptionniste nous suit.
En bas de l'escalier, nous prenons à droite...
C'était là notre erreur!
Du haut de l'escalier notre nouvel ami, qui commence à nous prendre pour des boulets, nous explique qu'il faut passer la porte qui est face aux escaliers...
Euh la porte où y a écrit que c'est le coin petit déjeuner???
Définitivement nous n'aurions pas tenté de franchir cette porte.
Effectivement juste après la porte dans le couloir de la cuisine, il y a notre chambre!
Différentes impressions et sentiments vont nous envahir à la découverte de cette chambre:
- Les travaux ne se poursuivront pas cette nuit... on espère!
- Y a que trois lits? on est 4...
- ça nous apprendra à voyager avec deux personnes qui portent le même nom de famille!
- Buel ne peut décemment pas dormir avec l'une de nous... pour plein de raisons comme il ronfle si je l'ai à portée de main je risque de le frapper et de le maltraiter dans la nuit (évènement s'étant déjà produit par le passé... entre un frère qui ronfle depuis fort longtemps avant même d'avoir mué il ronflait et une soeur qui utilise la technique sournoise du "je te colle" pour que tu déguerpisses du lit et qu'elle puisse s'étaler en travers... Je suis pas gâtée! Alors que moi... je suis un ange quand je dors...)
-Buel peut pas dormir avec les filles ça se fait pas...
-Finalement Dancing Queen et Unicorn Girl dormiront ensemble
-Oh ah Wahou! La jolie vue...
-Depuis le R-1 il est vrai que l'on ne peut pas s'attendre à des merveilles...
- Y a des sacs marqués "fertilizer" devant notre chambre... les pakistanais auraient-ils mis en place une organisation frauduleuse de stockage d'engrais???
- Déception... dedans il n'y a que des gravats
- Ooooooh à côté on peut voir les draps empilés... tout de même emballés dans du plastique et à l'abri de la pluie.
- J'espère quand même que c'est le linge sale
-C'est marrant on est 4 et y a 3 serviettes de toilettes...Damned pour une fois que j'ai fait l'impasse sur la serviette pour gagner de la place!
- Le lit de Buel n'est pas fait...
- ça explique tout... y a eu un problème de communication et la femme de chambre croit que nous sommes seulement 3...
- Je propose des plans pour le lendemain... sauf que Buel il est presque déjà à moitié endormi
- Y a Unicorn Girl qui n'est pas loin non plus de s'assoupir
- En fait je suis aussi un peu fatiguée...
- Tout est calme... nous sommes bercés au gré du passage des ouvriers, des coups de marteau, nous aurons même la chance d'entendre le plus grand rot de toute la création c'était magnifique (il me semble que c'était ça!).
- Tous sauf une... car Unicorn Girl est vraiment parvenue à s'endormir.
Un peu plus tard nous découvrirons... la douche
Vous connaissez tous ces maisons de vacances où souvent l'eau chaude vient à manquer, où l'on finit ça douche en chantant le plus fort possible "pitain c'est froid pitain c'est froid!" (en même temps notons que la douche froide est recommandé pour tonifier la peau, réveiller un brin et dans plein d'autres occasions... mais qu'est-ce que c'est que cette parenthèse pourrie??? Je me le demande... c'est nul non mais on n'est pas un blog de greluche puis les douches froides c'est nul c'est tout!). Bon ben là imaginez le contraire... au fur et à mesure l'eau devient de plus en plus chaude du coup tout d'abord tu sens ton rythme cardiaque qui ralenti ralenti, tout ton métabolisme se met en veille pour éviter de produire de l'énergie et la chaleur... aïe ça brûle! tu sens la tête qui te tourne... tu sors de là avec l'envie de dormir et une peau divinement colorée façon écrevisses (mais attention la cuisson est impec'!). Rassurez-vous à 4 cerveaux dès le lendemain soir on avait fini par dompter cette douche et on a pu s'en sortir sauf Dancing Queen qui a tout de même subi le plus grand préjudice: elle s'est lavée les cheveux à l'eau bouillante... et sans crier!
La flemme s'étant emparé de nous après notre bref épisode comateux dans notre havres de paix et de silence (c'est ironique pour le silence... c'est au cas où tu suis pas lecteur!). On repère dans manuel notre guide adoré une adresse d'un chinois-thaï avec une des plus grande carte de londres et qui est pas loin de l'hôtel.
On se perd (presque) pas, on arrive...
C'est fermé jusqu'au lendemain (rappelez-vous on a déjà eu Harrod's, maintenant le resto et je vous raconte pas encore ma déconvenue du samedi matin).
Je demande à manuel de nous trouver un nouveau resto.
Je fais la description détaillée des choix qui s'offrent à nous et du type de bouffe que l'on peut trouver.
Un groupe de gens passent à côté de nous: "vous voulez peut-être qu'on vous fasse la traduction de la carte non?"... Je maintiens le français est réellement con même en vacances! Mais comme je suis en angleterre je ne lève pas mon majeur, je me contente de hausser les épaules et de ricaner (si j'avais pu faire un croche-pied!!! je sais je suis une sale môme!).
On opte pour une taverne.
Les anglais sont vraiment sympas. D'emblée j'aime bien, on rentre et le monsieur il nous dit bonjour et comment ça va comme si on était de vieux copains. Là moment de rêvasserie je m'imagine habitant là venant prendre une bière le soir... aaaah! j'aime londres! Le cidre n'est pas mauvais, la bière est bonne...
Puis vient le dessert... je porte la première cuillère à ma bouche. Oh mon dieu, maintenant je peux mourir! Pendant un bref instant je n'entend plus rien autour de moi... j'ai plein de soupirs au creux de la poitrine. Je suis amoureuse du crumble pomme-mûres. C'est la meilleure chose qui me soit arrivée!
Après une telle extase nous rentrons.
On décide d'acheter des bières pour boire dans la chambre...
On rentre.
Euh il fait pas chaud?Il fait pas très chaud?
Non mais on crève dans cette chambre?
Nous sommes en plein mois de décembre à londres et on ouvre la fenêtre de la chambre pour éviter de mourir! Les couvertures seront superflues pour cette nuit-là.
Finalement on se couche et on laisse les bières dans le frigo (d'une propreté douteuse, le frigo, mais bon en les mettant dans le sac plastique ça ira!).
Dans le silence de la nuit, Unicorn Girl (qui n'a plus sommeil vu qu'elle a fait une énorme sieste!) demande si tout le monde dort... on l'entend de loin, de très très loin mais pas possible de répondre le sommeil est là.
Soudain des portes qui claquent, des voix, des gens qui crient dans une langue étrangère...
Nous sommes le lendemain matin et nous avons la chance de loger à côté de la cuisine.