Grandeur et décadence

Publié le par funny face

On pourrait même parler de déchéance... je crois que ce blog entre en dépression avancée (enfin non on dit rédaction ou construction).
Disons que y a trois mois on a pris des billets pour s'envoler à Budapest voir Mariposa.
Disons qu'à une semaine du départ (et donc 6 semaines du retour de manuscrit) j'ai failli me taper la tête contre un mur.
Disons qu'à presque juste 5 semaines du retour de manuscrit donc deux jours avant le départ je me suis dit que ce serait bien.
Disons que le jour du départ j'ai failli retourner me mettre sous ma couette.
Genre un papier refusé, genre un directeur qui dit que je peux pas partir en post-doc que je dois tout retarder...
Genre j'en laisse mon portable (le téléphone pas Marvin le Quatrième... non actuellement ma vie s'appelle Jamais sans Marvin).
Genre j'arrive à Porte Maillot et no-trace de Chouchou et Doudou de la maison du Bonheur.
Genre le bus part pour Beauvais et y a toujours pas de coupines avec moi.
Genre à 10 minutes de Beauvais y a un bus arrêté avec les pompiers autour et j'ai pas de téléphone.
Genre j'ai envie de faire pipi mais la femme de ménage portugaise m'empêche d'y aller.
Genre j'ai mon billet d'avion mais toujours pas les copines.
Genre je commence à paniquer. Je pars? je pars pas?
Genre les filles arrivent...
Tout ira bien tout ira bien.
Et puis Mariposa d'un coup (enfin après l'avion quoi).
Et puis les copines elles disent on fête l'écosse... moi j'dis "euh...". Elles disent que si.
Les copines elles m'anesthésient. Champagne, vin...
J'aime les copines.
On continue à la bière et au mojito.
J'aime les bars de Budapest.
On poursuit avec de la musqiue tziganes dans une ancienne école amménagée en bar, on dirait que c'est la fin du monde dans tout ça que rien ne compte. Les hongrois sont cools on a des nouveaux copains. Le labo il devient aussi petit que mon petit doigt (parole d'alcoolique!). Je sais dire toilettes et merci en hongrois... Je PEUX parler hongrois! (enfin au moins pour les toilettes et dire merci quoi).
Il est 4h du mat'. Je tombe.
Court sommeil, pas de gueule de bois... le labo est redevenu gros comme mon pouce (parole de fille sobre).
Visite de Budapest à l'aide d'un gentil guide que Mariposa nous a fait livrer à domicile le matin (alors qu'elle partait travailler... Oui maman travaillait ce samedi-là! après une cuite évidemment...).
Ce soir je ne bois pas! Promis j'arrête.
Au restaurant: tournées de kir encore pour fêter le week-end, les coupines et l'avenir radieux. Le labo est gros gros gros.
Au deuxième kir le labo est petit...
Fin de soirée dans un grand appartement hongrois. Tout cela fait très europe de l'est.
Le punch a un goût de sangria... Je comprend pas! Du coup je finis le verre et ne touche plus à l'alcool.
La musique rend le labo petit encore.
Re-4 heures du mat'.
Dimanche... j'élargis mon champs lexical avec les petits pains hongrois. Je saurais en demander si j'en veux la prochaine fois c'est que du bonheur ces petites choses. Bon je sais aussi dire bière et salut.
On va aux bains... c'est pas les bains turques mais les bains français. Cela jacasse en français partout. Quelle horreur!
Dans les bains je réfléchis... le labo est gros et à la fois petit. Je prend des décisions.
Je me rend aussi compte que vraiment dans les hammam je fais des cirses d'angoisses même quand je n'y suis pas enfermée toute seule. Lose quand tu nous tiens.
Les bains sont beaux et bons. Je voudrais bien y rester.
Le soir c'est encore la fête: on s'offre du goulach (on dit gouiache en fait je t'instruis en même temps). C'est pas mauvais finalement et même le vin hongrois ça va ça se défend.
On retrouve notre ami hongrois du premier soir dans un bar. On apprend encore plein de trucs mais je retiens pas tout.
Dodo vers 2-3heures de mat'.
Le lundi on rentre toute.
A paris y a une tempête; il fait pas beau. Le labo redevient lourd très lourd.
A la maison m'attend néanmoins une part du gâteau à l'orange de la maman de coloc' (nananananère! vous imaginez pas à quel point c'est bon).
Coloc' et Cl. elles me coachent à mort... Une par la méthode pas trop rude, une autre à la dure.
A priori les mots clés sont:
MOI, Mes priorités, Pas de sous= Pas de manipes, Rédaction de la thèse, Retour dans 4 semaines.
Je suis forte je suis forte même si j'ai pleuré 15 fois dans la journée, que j'ai encore du traumatiser mon géniteur au téléphone...
Bilan à 4 semaines du rendu du manuscrit:
-Pas de publication et même plus un article refusé
-Un directeur qui veut que je manipe au lieu de rédiger et qui me dit que je n'aurais pas le temps
-Un truc que d'après le nom du fichier c'est ma thèse qui fait 80 pages
-Non corrigées les pages... parce que les seules indications de directeur sont: "ça fait beaucoup de travail de rédaction".
Objectifs des prochains jours:
-tenter de conserver un directeur de thèse si possible
-pleurer moins de 3 fois par jour
-ne pas engueuler mon géniteur au téléphone
-m'inscrire enfin à la fac
-faire le régime (tendance boulimique depuis quelques semaines)
-récupérer une nouvelle carte sim chez orange
-demander le chômage
-rester ferme: pas de salaire = pas de manipes
-je suis forte et je rédige
-vendredi une intro préparée et à faire lire
-mais à qui? that is the question
Scénari possibles:
-rester sous ma couette et attendre que le noeud parte
-m'habiller super bien pour la confiance en soi et dire à directeur: NON
-m'écraser comme une loque
-ne pas faire de thèse et envoyer mon CV au mc do (je peux peut-être quand même le faire à Edinburgh??)
-rebondir de toute façon je peux pas toucher plus le fond.
Les éclaircies:
-genre Orchidae qui appelle pour savoir si elle me prend mon calendrier de l'avent pendant qu'elle fait ses courses
-Mariposa qui me donne sa clé-usb
-les petits pots au chocolat de coloc'
-Cl. qui me tanne le cul pour m'endurcir et a fait bosser le super GO pour que je sois leur coloc' en décembre
-Nath et Miss Iufm pour les petits mots gentils, le soutien
-j'ai un post-doc bordel!!!! Et j'ai même rempli les documents et il ne manque plus que ma copie de mon passeport et c'est ok. 
A partir de demain quoiqu'il arrive je refuse tout net les manipes et je reste écrire chez moi avec ou sans l'aide de directeur... Cela fout la trouille! Je soutiens sans papier s'il le faut et je rend ma thèse sans son aval (on m'avait dit y a 3 mois que je n'avais pas besoin de lui et j'avais fait non mais quand même je n'en arriverais jamais là... comme quoi j'avais sous-estimer la situation).
Mais franchement pour une fois, une seule toute petite fois... je pourrais pas réellement rester cachée sous ma couette et chuchoté tout doucement pour ne pas qu'on me trouve???
C'était le bulleton météo de la semaine 4 avant retour de thèse...
Les mots appris sont (en phonétique parce que vous croyez tout de même pas que j'ai AUSSI appris l'orthographe):
-mochdot
-keuseuneum
-nem (mais pas celui du resto)
-szia
-shirt (mais pas le même qu'en anglais) 
-eguéchédévré (souvent j'avais trop bu pour le dire correctement!)
-etterem
A vous d'essayer de retrouver ce que c'est?
Et les paris sont ouverts pour savoir si demain à la même heure j'aurais encore un directeur de thèse ou pas... A vous de jouer. 
Publicité

Publié dans Thèse

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
U
YES YOU CAN !!!
Répondre
C
hum et si je t'envoie du chocolat à la fleur de sel et au chili est ce que ca t'aiderai a te sentir mieux?inspire-expire-inspire-expire aller encore 4 semaines et apres tu regarderas tout cela en te marrant!courage!
Répondre