Distorsion de la réalité
Rappelez-vous à mon arrivée une collègue avait cru que j'avais naturellement les cheveux lisses et parfaits et que je m'amusais à me les boucler (NON mais qui pourrait faire ça! Ah on me souffle dans l'oreillette que n'importe quelle file aux cheveux plats... Bon je vais pas cirtiquer je crame mes cheveux tous les 6 jours pour les raidir!).
J'avais du avouer, l'inavouable... J'ai les cheveux bouclés en vrais.
Depuis ceci n'a pas trop affecté notre relation, je suis même un peu son idole car:
1. Je lui ai conseillé les rouleaux rigolos (mais si elle se met à tester les rouleaux pour les boucles le soir j'ai peur que son mari ne me dise plus bonjour dans le bus le matin après avoir du dormir avec une femme ayant des serpents dans les cheveux!)
2. Je lui ai corrigé des lettres administratives pour la france
(On passera sous silence que dans un effort désespéré de faire la conversation, j'ai parlé de Persepolis que c'était trop bien et que mon interlocutrice n'a pas réagit... Moi qui voulait étaler ma culture sur l'Iran je me suis sentie un peu bête! Promis je n'étalerais plus mon manque de culture de la sorte).
3. Je lui ai expliqué où chercher un post-doc, comment postuler, je lui ai donné TOUTES mes lettres de motivation (ne me sous-estimez pas il y en avait beaucoup avec pas mal de variantes) et mon CV et j'ai proposé de relire son CV (on va dire que je prend mon rôle de Post-doc pas tout à fait légitime à coeur... et que ça fait du bien à mon ego???).
Bref j'ai conquis l'Iran et pourtant nous aurions pu partir sur un mensonge...
Mais toutes les vérités sont-elles bonnes à dire?
Soyons honnête dans les premiers temps où l'on souhaite établir un contact et un relation avec des gens, peut-on se montrer TOTALEMENT sous son vrai jour?
Je veux dire à l'heure actuelle je peux tourner en dérision l'addiction d'une copine pour le doré ou l'argenté (sachant qu'elle saura me le rendre en tournant mes manies en dérision). Je peux en tout impunité jouer la nazie du guacamole et de la mayonnaise fraîche avec mes amis et proférer que je préfère mourir que de voir du guacamole en boîte chez moi. Je peux dire que la télé-réalité c'est tout pourri, que les magazines de filles c'est nase et que c'est trop la honte d'en lire... Je suis un être abominable (mais qui ne l'est pas?) plein de principes à la c°#@ mais bon elles avaient qu'à pas devenir mes copines pour éviter d'entendre toutes ces choses. Bref d'une certaine façon on gagne le droit de devenir soi-même.
Mais au début??? Est-ce que finalement toute nouvelle relation doit être basée sur des tous petits mensonges et de micro-vérités?
Prenons l'exemple de la semaine passée. J'ai deux collègues que j'apprécie vraiment et qui sont en fait amies. J'avais l'impression que les choses se passaient bien et qu'une certaine connivence s'installait entre nous.
J'ai rapidement eu confirmation que cette vision était réciproque quand j'ai été invitée à une soirée ciné-resto qu'elles planifiaient avec une amie à elles (non pas quelqu'un du boulot ce coup-ci).
Alors comment décemment à un moment où cet embryon d'amitié n'est pas encore implanté j'aurais pu répondre: "Plutôt mourir que d'aller voir un film qui est centré sur un chien et qui n'est même pas de l'animation et où le chien ne parle même pas"!!!!! Vous voyez le dilemne.
Mes principes ou la perspective d'une vie sociale un peu plus développée???
Principe? Vie sociale?
Principe? Vie sociale?
Tout de même je peux bien faire un sacrifice?
J'ai donc répondu, avec tout l'enthousiasme dont j'étais capable (la perspective du resto m'a beaucoup aidé) que chouette ça me semblait un super plan.
Rendez-vous fut pris.
Nous avons donc vu le film et on était fort réjouit (enfin moi je me demandais si j'allais tenir ou non!). Tout le monde parlait de son animal de compagnie... Ok j'ai eu un chien, ok je l'aimais bien et blablabla mais est-ce vraiment nécessaire d'en faire tout un plat? J'ai senti que ce n'était pas le moment de raconter le jour de la gueule de bois où j'ai découvert les poissons de l'ex-dents d'acier tous morts et dans la vase.
Le film a commencé.
Finalement hormis que bon je suis pas une personne trop branchée animaux... L'homo sapiens est déjà suffisament crade et parfois pas drôle et peu communicatif donc ai-je réellement besoin d'un truc qui va fiche en l'air mes collants (je veux dire je m'ai déjà moi pour ça), qui va me lécher le visage???
En fait c'était pas SI mauvais que j'aurais cru tout de même c'est juste que franchement ça valait pas trop le coup d'en faire un livre et d'embêter des gens avec. Est-ce que moi j'écris un livre ou je fais un film sur l'élaboration de ma recette de cookies hein???? (quoi je raconte ma vie dans un blog????)
Mais bon le moment est venu...
Ben oui tout a une fin.
Enfin vous savez quoi...
Genre le vieux chien qui traîne la patte, qui est malade...
Et puis un jour ben le chien n'est plus (il est mouru quoi en gros!).
Là, y a eu des sanglots dans la salle (j'ai eu envie de rire)... Puis y a eu des hoquets (j'avais mal aux abdos). Puis y a eu des reniflements (ne pas rire ne pas rire)...
Puis les reniflements ce sont reprochés de moi.
Oh my god j'étais entourée de renifleurs partout dans la salle.
Et d'un coup un paquet de kleenex, j'aurais du m'en douter j'avais vu des larmes à ma droite, à ma gauche et donc de tout à gauche le kleenex est passé.
Comment dire? Vous savez mes allergies? Bon ben à l'époque je pensais que c'était un rhume. Et genre on était sortie directement après le boulot et j'avais fini TOUS mes kleenex. Bref j'en étais au point où je me demandais si il valait mieux que je me mouche dans mon foulard ou mon pull.
Alors quand j'ai vu le paquet de kleenex c'était un peu comme une naufragé du titanic fasse à une bouée de sauvetage... Je l'ai pris avec l'oeil humide et plein de reconnaissance.
Tout le monde a continué à faire du bruit.
Le film était enfin fini...
Et en sortant tout le monde faisait "oulala c'était triste". "Et toi tu as pleuré quand?". "Je t'ai vu pleurer moi je pleurais déjà".
Moi je me contentais de me moucher tout en douceur. Et là j'entend: "et toi aussi je t'ai vu pleurer ça t'a ému aussi hein heureusement qu'on avait les kleenex".
Trois possibilités s'offraient à moi:
1. Le mensonge par omission: ne pas répondre ce qui pouvait laisser entendre que j'étais encore émue et blablabla
2. Demander où on allait manger: ce qui pouvait passer pour de l'indélicatesse extrème ou encore une fois de la réserve
3. Mentir effrontément et dire "Oui c'était triste"
Le vrai bon gros mensonge ça ne m'allait pas. Le coup du resto, en fait je le savais déjà où on allait. L'omission était donc mon allié "c'est vrai que je comprend que cela puisse être émouvant en fait"...
C'est passé comme une lettre à la poste.
Maintenant il reste plus qu'à espérer qu'un jour de beuveries je ne déclare pas que le film avec le chien qui meurt à la fin c'est tout pourri et que je comprend pas ces gens qui adorent les animaux!
C'est pas gagné mais d'ici là on se connaîtra peut-être mieux et ça passera fort bien.
Puis ce n'est qu'un tout petit petit mensonge...
J'avais du avouer, l'inavouable... J'ai les cheveux bouclés en vrais.
Depuis ceci n'a pas trop affecté notre relation, je suis même un peu son idole car:
1. Je lui ai conseillé les rouleaux rigolos (mais si elle se met à tester les rouleaux pour les boucles le soir j'ai peur que son mari ne me dise plus bonjour dans le bus le matin après avoir du dormir avec une femme ayant des serpents dans les cheveux!)
2. Je lui ai corrigé des lettres administratives pour la france
(On passera sous silence que dans un effort désespéré de faire la conversation, j'ai parlé de Persepolis que c'était trop bien et que mon interlocutrice n'a pas réagit... Moi qui voulait étaler ma culture sur l'Iran je me suis sentie un peu bête! Promis je n'étalerais plus mon manque de culture de la sorte).
3. Je lui ai expliqué où chercher un post-doc, comment postuler, je lui ai donné TOUTES mes lettres de motivation (ne me sous-estimez pas il y en avait beaucoup avec pas mal de variantes) et mon CV et j'ai proposé de relire son CV (on va dire que je prend mon rôle de Post-doc pas tout à fait légitime à coeur... et que ça fait du bien à mon ego???).
Bref j'ai conquis l'Iran et pourtant nous aurions pu partir sur un mensonge...
Mais toutes les vérités sont-elles bonnes à dire?
Soyons honnête dans les premiers temps où l'on souhaite établir un contact et un relation avec des gens, peut-on se montrer TOTALEMENT sous son vrai jour?
Je veux dire à l'heure actuelle je peux tourner en dérision l'addiction d'une copine pour le doré ou l'argenté (sachant qu'elle saura me le rendre en tournant mes manies en dérision). Je peux en tout impunité jouer la nazie du guacamole et de la mayonnaise fraîche avec mes amis et proférer que je préfère mourir que de voir du guacamole en boîte chez moi. Je peux dire que la télé-réalité c'est tout pourri, que les magazines de filles c'est nase et que c'est trop la honte d'en lire... Je suis un être abominable (mais qui ne l'est pas?) plein de principes à la c°#@ mais bon elles avaient qu'à pas devenir mes copines pour éviter d'entendre toutes ces choses. Bref d'une certaine façon on gagne le droit de devenir soi-même.
Mais au début??? Est-ce que finalement toute nouvelle relation doit être basée sur des tous petits mensonges et de micro-vérités?
Prenons l'exemple de la semaine passée. J'ai deux collègues que j'apprécie vraiment et qui sont en fait amies. J'avais l'impression que les choses se passaient bien et qu'une certaine connivence s'installait entre nous.
J'ai rapidement eu confirmation que cette vision était réciproque quand j'ai été invitée à une soirée ciné-resto qu'elles planifiaient avec une amie à elles (non pas quelqu'un du boulot ce coup-ci).
Alors comment décemment à un moment où cet embryon d'amitié n'est pas encore implanté j'aurais pu répondre: "Plutôt mourir que d'aller voir un film qui est centré sur un chien et qui n'est même pas de l'animation et où le chien ne parle même pas"!!!!! Vous voyez le dilemne.
Mes principes ou la perspective d'une vie sociale un peu plus développée???
Principe? Vie sociale?
Principe? Vie sociale?
Tout de même je peux bien faire un sacrifice?
J'ai donc répondu, avec tout l'enthousiasme dont j'étais capable (la perspective du resto m'a beaucoup aidé) que chouette ça me semblait un super plan.
Rendez-vous fut pris.
Nous avons donc vu le film et on était fort réjouit (enfin moi je me demandais si j'allais tenir ou non!). Tout le monde parlait de son animal de compagnie... Ok j'ai eu un chien, ok je l'aimais bien et blablabla mais est-ce vraiment nécessaire d'en faire tout un plat? J'ai senti que ce n'était pas le moment de raconter le jour de la gueule de bois où j'ai découvert les poissons de l'ex-dents d'acier tous morts et dans la vase.
Le film a commencé.
Finalement hormis que bon je suis pas une personne trop branchée animaux... L'homo sapiens est déjà suffisament crade et parfois pas drôle et peu communicatif donc ai-je réellement besoin d'un truc qui va fiche en l'air mes collants (je veux dire je m'ai déjà moi pour ça), qui va me lécher le visage???
En fait c'était pas SI mauvais que j'aurais cru tout de même c'est juste que franchement ça valait pas trop le coup d'en faire un livre et d'embêter des gens avec. Est-ce que moi j'écris un livre ou je fais un film sur l'élaboration de ma recette de cookies hein???? (quoi je raconte ma vie dans un blog????)
Mais bon le moment est venu...
Ben oui tout a une fin.
Enfin vous savez quoi...
Genre le vieux chien qui traîne la patte, qui est malade...
Et puis un jour ben le chien n'est plus (il est mouru quoi en gros!).
Là, y a eu des sanglots dans la salle (j'ai eu envie de rire)... Puis y a eu des hoquets (j'avais mal aux abdos). Puis y a eu des reniflements (ne pas rire ne pas rire)...
Puis les reniflements ce sont reprochés de moi.
Oh my god j'étais entourée de renifleurs partout dans la salle.
Et d'un coup un paquet de kleenex, j'aurais du m'en douter j'avais vu des larmes à ma droite, à ma gauche et donc de tout à gauche le kleenex est passé.
Comment dire? Vous savez mes allergies? Bon ben à l'époque je pensais que c'était un rhume. Et genre on était sortie directement après le boulot et j'avais fini TOUS mes kleenex. Bref j'en étais au point où je me demandais si il valait mieux que je me mouche dans mon foulard ou mon pull.
Alors quand j'ai vu le paquet de kleenex c'était un peu comme une naufragé du titanic fasse à une bouée de sauvetage... Je l'ai pris avec l'oeil humide et plein de reconnaissance.
Tout le monde a continué à faire du bruit.
Le film était enfin fini...
Et en sortant tout le monde faisait "oulala c'était triste". "Et toi tu as pleuré quand?". "Je t'ai vu pleurer moi je pleurais déjà".
Moi je me contentais de me moucher tout en douceur. Et là j'entend: "et toi aussi je t'ai vu pleurer ça t'a ému aussi hein heureusement qu'on avait les kleenex".
Trois possibilités s'offraient à moi:
1. Le mensonge par omission: ne pas répondre ce qui pouvait laisser entendre que j'étais encore émue et blablabla
2. Demander où on allait manger: ce qui pouvait passer pour de l'indélicatesse extrème ou encore une fois de la réserve
3. Mentir effrontément et dire "Oui c'était triste"
Le vrai bon gros mensonge ça ne m'allait pas. Le coup du resto, en fait je le savais déjà où on allait. L'omission était donc mon allié "c'est vrai que je comprend que cela puisse être émouvant en fait"...
C'est passé comme une lettre à la poste.
Maintenant il reste plus qu'à espérer qu'un jour de beuveries je ne déclare pas que le film avec le chien qui meurt à la fin c'est tout pourri et que je comprend pas ces gens qui adorent les animaux!
C'est pas gagné mais d'ici là on se connaîtra peut-être mieux et ça passera fort bien.
Puis ce n'est qu'un tout petit petit mensonge...
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